Lettre aux Educateurs

Lettre aux Educateurs
Blois, le 4 septembre 2007





Mesdames, Messieurs

A l'occasion de cette rentrée scolaire, la première depuis que j'ai été élu Président de la République, je souhaite vous parler de l'avenir de nos enfants.

Cet avenir, il est entre les mains de chacun d'entre vous qui avez en charge d'instruire, de guider, de protéger ces esprits et ces sensibilités qui ne sont pas encore complètement formés, qui n'ont pas atteint leur pleine maturité, qui se cherchent, qui sont encore fragiles, vulnérables. Vous avez la responsabilité d'accompagner l'épanouissement de leurs aptitudes intellectuelles, de leur sens moral, de leurs capacités physiques depuis leur plus jeune âge et tout au long de leur adolescence. Cette responsabilité est l'une des plus lourdes mais aussi des plus belles et des plus gratifiantes.


Aider l'intelligence, la sensibilité à s'épanouir, à trouver leur chemin, quoi de plus grand et de plus beau en effet ? Mais quoi de plus difficile aussi ? Car à côté de la fierté de voir l'enfant grandir, son caractère et son jugement s'affirmer, à côté du bonheur de transmettre ce que chacun a le sentiment d'avoir de plus précieux en lui, il y a toujours cette crainte de se tromper, de brider un talent, de freiner un élan, d'être trop indulgent ou trop sévère, de ne pas comprendre ce que l'enfant porte au plus profond de lui-même, ce qu'il éprouve, ce qu'il est capable d'accomplir.

Éduquer c'est chercher à concilier deux mouvements contraires : celui qui porte à aider chaque enfant à trouver sa propre voie et celui qui pousse à lui inculquer ce que soi-même on croit juste, beau et vrai.

Une exigence s'impose à l'adulte face à l'enfant qui grandit, celle de ne pas étouffer sa personnalité sans renoncer à l'éduquer. Chaque enfant, chaque adolescent a sa manière à lui d'être, de penser, de sentir. Il doit pouvoir l'exprimer. Mais il doit aussi apprendre.

Longtemps l'éducation a négligé la personnalité de l'enfant. Il fallait que chacun entrât dans un moule unique, que tous apprissent la même chose, en même temps, de la même manière. Le savoir était placé au dessus de tout. Cette éducation avait sa grandeur. Exigeante et rigoureuse, elle tirait vers le haut, elle amenait à se dépasser malgré soi.

L'exigence et la rigueur de cette éducation en faisait un puissant facteur de promotion sociale. Beaucoup d'enfants néanmoins en souffraient et se trouvaient exclus de ses bienfaits. Ce n'était pas parce qu'ils manquaient de talent, ni parce qu'ils étaient incapables d'apprendre et de comprendre mais parce que leur sensibilité, leur intelligence, leur caractère se trouvaient mal à l'aise dans le cadre unique que l'on voulait imposer à tous.

Par une sorte de réaction, depuis quelques décennies, c'est la personnalité de l'enfant qui a été mise au centre de l'éducation au lieu du savoir.

Accorder plus d'importance à ce que l'enfant a de particulier, à ce par quoi se manifeste son individualité, à son caractère, à sa psychologie, était nécessaire, salutaire. Il était important que tous soient mis en mesure de tirer le meilleur parti d'eux-mêmes, de développer leurs points forts, de corriger leurs faiblesses. Mais à trop valoriser la spontanéité, à trop avoir peur de contraindre la personnalité, à ne plus voir l'éducation qu'à travers le prisme de la psychologie, on est tombé dans un excès contraire. On ne s'est plus assez appliqué à transmettre.

Jadis il y avait sans doute dans l'éducation trop de culture et pas assez de nature. Désormais il y a peut-être trop de nature et plus assez de culture. Jadis on valorisait trop la transmission du savoir et des valeurs. Désormais, au contraire, on ne la valorise plus assez.

L'autorité des maîtres s'en est trouvée ébranlée. Celle des parents et des institutions aussi.

La culture commune qui se transmettait de génération en génération tout en s'enrichissant de l'apport de chacune d'entre elles s'est effritée au point qu'il est plus difficile de se parler et de se comprendre.

L'échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables.

L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue, alors même que la société de la connaissance imposait partout dans le monde sa logique, ses critères, ses exigences. Les chances de promotion sociale des enfants dont les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l'école ne transmettait plus se sont réduites.

Il serait vain pourtant de chercher à ressusciter un âge d'or de l'éducation, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé. Chaque époque suscite des attentes qui lui sont propres.

Nous ne referons pas l'école de la IIIème République, ni celle de nos parents, ni même la nôtre. Ce qui nous incombe c'est de relever le défi de l'économie de la connaissance et de la révolution de l'information.

Ce que nous devons faire c'est poser les principes de l'éducation du XXIème siècle qui ne peuvent pas se satisfaire des principes d'hier et pas d'avantage de ceux d'avant-hier.

Que voulons-nous que deviennent nos enfants ? Des femmes et des hommes libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand, ayant du c½ur et de l'esprit, capables d'aimer, de penser par eux-mêmes, d'aller vers les autres, de s'ouvrir à eux, capables aussi d'acquérir un métier et de vivre de leur travail.

Notre rôle n'est pas d'aider nos enfants à rester des enfants, ni même à devenir de grands enfants, mais de les aider à devenir des adultes, à devenir des citoyens. Nous sommes tous des éducateurs.

Éduquer c'est difficile. Souvent il faut recommencer pour parvenir au but. Il ne faut jamais se décourager. Ne Jamais craindre d'insister. Il y a chez chaque enfant un potentiel qui ne demande qu'à être exploité. Chaque enfant a une forme d'intelligence qui ne demande qu'à être développée. Il faut les chercher. Il faut les comprendre. Tout autant qu'une exigence vis-à-vis de l'enfant, l'éducation est une exigence de l'éducateur vis-à-vis de lui-même.

Le but n'est ni de se contenter d'un minimum fixé à l'avance, ni de submerger l'enfant sous un flot de connaissances trop nombreuses pour qu'il soit en mesure d'en maîtriser aucune. Le but c'est de s'efforcer de donner à chacun le maximum d'instruction qu'il peut recevoir en poussant chez lui le plus loin possible son goût d'apprendre, sa curiosité, son ouverture d'esprit, sons sens de l'effort. L'estime de soi doit être le principal ressort de cette éducation.

Donner à chacun de nos enfants, à chaque adolescent de notre pays l'estime de lui-même en lui faisant découvrir qu'il a des talents qui le rendent capable d'accomplir ce qu'il n'aurait pas cru de lui-même pouvoir accomplir : telle est à mes yeux la philosophie qui doit sous-tendre la refondation de notre projet éducatif.

Nous devons à nos enfants le même amour et le même respect que nous attendons d'eux. Cet amour et ce respect que nous leur devons exigent que nos relations avec eux ne soient empreintes d'aucune forme de renoncement ni de démagogie. Parce que nous aimons et respectons nos enfants, l'éducation que nous leur donnons doit les élever et non les rabaisser. Parce que nous aimons et respectons nos enfants nous ne pouvons pas accepter de renoncer à les éduquer à la première difficulté rencontrée. Ce n'est pas parce que l'enfant a du mal à se concentrer, parce qu'il n'apprend pas vite ou qu'il ne retient pas facilement ses leçons qu'il doit être privé de ce trésor de l'instruction sans lequel il ne pourra jamais devenir un homme vraiment libre.

Parce que nous aimons et respectons nos enfants, nous avons le devoir de leur apprendre à être exigeants vis-à-vis d'eux-mêmes. Nous avons le devoir de leur apprendre que tout ne se vaut pas, que toute civilisation repose sur une hiérarchie des valeurs, que l'élève n'est pas l'égal du maître. Nous avons le devoir de leur apprendre que nul ne peut vivre sans contrainte et qu'il ne peut y avoir de liberté sans règle. Quels éducateurs serions-nous si nous n'apprenions pas à nos enfants à faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit ? Quels éducateurs serions-nous si nous n'étions pas capables de sanctionner nos enfants quand ils commettent une faute ? L'enfant s'affirme en disant non. On ne lui rend pas service en lui disant toujours oui. Le sentiment de l'impunité est une catastrophe pour l'enfant qui teste sans cesse les limites que lui impose le monde des adultes. On n'éduque pas un enfant en lui laissant croire que tout lui est permis, qu'il n'a que des droits et aucun devoir. On ne l'éduque pas en lui laissant croire que la vie n'est qu'un jeu ou que la mise en ligne de toutes les connaissances du monde le dispense d'apprendre. Les technologies de l'information doivent être au c½ur de la réflexion sur l'éducation du XXIe siècle. Mais il ne faut pas perdre de vue que la relation humaine entre l'éducateur et l'enfant reste essentielle et que l'éducation doit aussi inculquer à l'enfant le goût de l'effort, lui faire découvrir comme une récompense la joie de comprendre après le long travail de la pensée.

Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l'admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre, voilà comment l'éducateur rend service à l'enfant dont il a la charge et comment il lui exprime le mieux l'amour et le respect qu'il lui porte.

Le respect, justement, ce devrait être le fondement de toute éducation. Respect du professeur vis-à-vis de l'élève, des parents vis-à-vis de l'enfant, respect de l'élève pour le professeur, de l'enfant pour ses parents, respect des autres et respect de soi-même, voilà ce que l'éducation doit produire. S'il n'y a plus assez de respect dans notre société c'est d'abord, j'en suis convaincu, un problème d'éducation.

Je souhaite que nous reconstruisions une éducation du respect, une école du respect. Je souhaite que nos enfants apprennent la politesse, l'ouverture d'esprit, la tolérance, qui sont des formes du respect.

Je souhaite que les élèves se découvrent lorsqu'ils sont à l'école et qu'ils se lèvent lorsque le professeur entre dans la classe, parce que c'est une marque de respect.

Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique loin d'être des obstacles à sa liberté sont au contraire des sources d'enrichissement personnel.

Être bousculé dans ses habitudes de pensée, dans ses certitudes, être obligé d'aller vers l'autre, de s'ouvrir à ses arguments, à ses sentiments, de le prendre au sérieux est une incitation à s'interroger sur ses propres convictions, sur ses propres valeurs, à se remettre en cause, à faire un effort sur soi-même, donc à se dépasser. C'est la raison pour laquelle nous devons conserver, même si nous devons le rénover, notre modèle d'école républicaine qui brasse toutes les origines, toutes les classes sociales, toutes les croyances, et qui s'impose de rester neutre face aux convictions religieuses, philosophiques ou politiques de chacun en les respectant toutes.

Ce modèle s'est affaibli, ses principes ne sont plus assez respectés. Si je souhaite aller progressivement vers la suppression de la carte scolaire, c'est précisément pour qu'il y ait moins de ségrégation.

Si je souhaite réformer le collège unique, c'est pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de caractères, de formes d'intelligence soient mieux prises en compte de façon à donner à chacun une plus grande chance de réussir.

Si je souhaite que les enfants handicapés puissent être scolarisés comme tous les autres enfants, ce n'est pas seulement pour faire le bonheur des enfants handicapés mais aussi pour que les autres enfants s'enrichissent de cette différence.

Si je veux que l'école, par-dessus tout, demeure laïque, c'est parce que la laïcité est à mes yeux un principe de respect mutuel et parce qu'elle ouvre un espace de dialogue et de paix entre les religions, parce qu'elle est le plus sûr moyen de lutter contre la tentation de l'enfermement religieux. Au risque de la confrontation religieuse qui ouvrirait la voie à un choc des civilisations, qu'avons-nous de mieux à opposer que quelques grandes valeurs universelles et la laïcité ? Pour autant, je suis convaincu qu'il ne faut pas laisser le fait religieux à la porte de l'école. La genèse des grandes religions, leurs visions de l'homme et du monde doivent être étudiées, non, bien sûr, dans un quelconque esprit de prosélytisme, non dans le cadre d'une approche théologique, mais dans celui d'une analyse sociologique, culturelle, historique qui permette de mieux comprendre la nature du fait religieux. Le spirituel, le sacré accompagnent de toute éternité l'aventure humaine. Ils sont aux sources de toutes les civilisations et l'on s'ouvre plus facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les comprend.

Mais l'apprentissage de la différence ne doit pas conduire à négliger la participation à une culture commune, à une identité collective, à une morale partagée. Eduquer c'est éveiller la conscience individuelle et la hausser par paliers jusqu'à la conscience universelle, c'est faire que chacun se sente une personne unique et en même temps partie prenante de l'humanité tout entière. Entre les deux il y a quelque chose d'essentiel que nulle éducation ne peut contourner. Entre la conscience individuelle et la conscience universelle il y a, pour nous Français, la conscience nationale et la conscience européenne.

Entre la conscience de l'appartenance au genre humain et la conscience d'une destinée individuelle, l'éducation doit aussi éveiller des consciences civiques, former des citoyens. Nos enfants ne seront jamais des citoyens du monde si nous ne sommes pas capables d'en faire des citoyens français et des citoyens européens.

La famille joue bien sûr un rôle essentiel dans la transmission de l'identité nationale. Mais c'est l'école qui est le creuset. En parlant de l'école je ne pense pas seulement à l'instruction civique dont l'enseignement doit retrouver une place de premier plan à l'école primaire, au collège et au lycée. Je ne pense pas seulement à la transmission de valeurs morales comme les droits de l'Homme, l'égalité de l'homme et de la femme ou la laïcité qui sont au c½ur de notre identité. Je pense aussi aux valeurs intellectuelles, à une façon qui nous est propre de penser, de réfléchir. Je pense à cette tradition française de la pensée claire, à ce penchant si français pour la raison universelle qui est dans notre philosophie, dans notre science, mais qui est aussi dans notre langue, dans notre littérature, dans notre art.

Face à la menace d'aplatissement du monde, notre devoir est de promouvoir la diversité culturelle. Ce devoir nous impose de défendre d'abord notre propre identité, d'aller puiser ce qu'il y a de meilleur dans notre tradition intellectuelle, morale, artistique et de le transmettre à nos enfants pour qu'ils le maintiennent vivant pour tous les hommes. Car les héritages de toutes les cultures, de toutes les civilisations appartiennent à toute l'humanité. Nous sommes nous-mêmes les héritiers de toutes les conquêtes, de toutes les créations de l'esprit humain. Nous sommes les héritiers de toutes les grandes civilisations qui ont contribué à la fécondation réciproque des cultures qui est en train d'engendrer la première civilisation planétaire.

Ouvrir nos enfants à l'universel, au dialogue des cultures, ce n'est pas un reniement de ce que nous sommes. C'est un accomplissement. De tout temps la France a placé l'universalisme au c½ur de sa pensée et de ses valeurs. De tout temps, la France s'est regardée comme l'héritière de toutes les cultures qui dans le monde ont apporté leur contribution à l'idée d'humanité.

Nous devons remettre la culture générale au c½ur de notre ambition éducative. Naturellement l'horizon de cette culture générale ne doit pas être une accumulation sans fin de connaissances, mais un savoir réfléchi, ordonné, maîtrisé. Il ne faut chercher ni l'exhaustivité ni la quantité, mais viser l'essentiel et la qualité, mettre en relation les différents champs de l'intelligence humaine pour permettre à chaque enfant, à chaque adolescent de se construire sa propre vision du monde. Pour la première fois dans l'histoire les enfants savent beaucoup de choses que leurs parents ne savent pas. Mais il faut structurer ce savoir en culture, l'éclairer de tout l'héritage de la sagesse et de l'intelligence humaines.

Il ne faut pas cloisonner, isoler, opposer les différentes formes de savoir. L'enseignement par discipline doit demeurer parce que chacune a sa logique propre, parce que c'est le seul moyen d'aller au fond des choses. Mais il faut le compléter par une vision d'ensemble, par une mise en perspective de chaque discipline par rapport à toutes les autres. Par-dessus les catégories traditionnelles de la connaissance, je suis convaincu qu'il nous faut maintenant tisser la trame d'un nouveau savoir, fruit de la combinaison, du mélange, de la fécondation réciproque des disciplines.

Je ne suis pas pour le manuel unique, je ne suis pas pour la globalisation du savoir qui mène à la confusion. Mais je crois que l'interdisciplinarité doit trouver sa place très tôt dans notre enseignement parce que l'avenir est au métissage des savoirs, des cultures, des points de vue. Je crois que là se trouve l'une des clés de notre Renaissance intellectuelle, morale et artistique. La culture générale, elle doit être une préoccupation constante. Et quand nos enfants apprennent des langues étrangères, et je souhaite qu'ils en apprennent obligatoirement au moins deux en plus du Français, il faut que cet apprentissage soit aussi un apprentissage de culture et de civilisation. Je souhaite que nos enfants apprennent les langues à travers la littérature, le théâtre, la poésie, la philosophie, la science.

Affirmer l'importance de la culture générale dans l'éducation où elle a tant reculé au profit d'une spécialisation souvent excessive et trop précoce, c'est affirmer tout simplement que le savant, l'ingénieur, le technicien ne doit pas être inculte en littérature, en art, en philosophie et que l'écrivain, l'artiste, le philosophe ne doit pas être inculte en science, en technique, en mathématiques.

L'idée que celui qui se destinerait aux sciences n'aurait rien à faire de la poésie, du théâtre ou de la philosophie est une idée que je trouve absurde. L'idée que l'enfant de famille modeste, celui qui est né dans l'un de ces quartiers difficiles qui accumulent les handicaps, le fils ou la fille de l'employé, de l'ouvrier n'aurait pas besoin d'être confronté aux grandes ½uvres de l'esprit humain, qu'il ne serait pas capable de les apprécier, que lui apprendre à lire, écrire et compter serait bien suffisant, est pour moi l'une des plus grandes marques du mépris.

Si tant d'adolescents n'arrivent pas à exprimer ce qu'ils ressentent, si tant de jeunes dans notre pays n'arrivent plus à exprimer leurs émotions, leurs sentiments, à les faire partager, à trouver les mots de l'amour ou ceux de la douleur, si beaucoup d'entre eux n'arrivent plus à s'exprimer que par l'agressivité, par la brutalité, par la violence, c'est peut-être aussi parce qu'on ne les a pas initiés à la littérature, à la poésie, ni à aucune des formes d'art qui savent exprimer ce que l'homme a de plus émouvant, de plus pathétique, de plus tragique en lui.

A l'époque de la vidéo, du portable, d'internet, de la communication immédiate, nos enfants n'ont pas moins besoin de culture générale mais davantage. Ils ont davantage besoin de capacités d'analyse, d'esprit critique, de repères. Plus le monde produit de connaissances, plus il produit d'informations, plus il produit de techniques, plus est forte l'exigence de culture pour celui qui veut rester libre, qui veut maîtriser son destin. Dans le monde tel qu'il est, avec ses sollicitations de plus en plus nombreuses et prenantes, nos enfants ont besoin de plus d'humanisme et de plus de science. Sur ces deux terrains, nous avons trop cédé.

A rebours de nos traditions intellectuelles, la culture humaniste s'étiole et la culture scientifique régresse. Il nous faut nous battre sur les deux fronts, donner tôt aux enfants le goût de la lecture, de l'Art et de la science.

Mais il nous faut revoir notre façon de transmettre. Trop longtemps, la passivité de l'enfant qui reçoit le savoir fut de mise dans notre éducation. On a sans doute trop critiqué l'apprentissage par c½ur qui a son utilité dans l'entraînement de la mémoire. Et qui peut se plaindre d'avoir gravé dans son souvenir quelques fables de La Fontaine ou quelques vers de Verlaine ou d'avoir appris à se repérer dans la chronologie de l'histoire de France ou dans la géographie du monde, d'avoir récité les tables de multiplication et les formules usuelles de l'arithmétique et de géométrie ? Mais la culture véritable exige davantage que la récitation. Elle ne s'installe en profondeur qu'à travers l'éveil de la conscience, de l'intelligence, de la curiosité. Il faut amener l'enfant à s'interroger, à réfléchir, à prendre de la distance, à réagir, à douter et à découvrir par lui-même les vérités qui lui serviront durant toute sa vie.

Notre éducation doit devenir moins passive, moins mécanique. Elle doit aussi réduire la place excessive qu'elle donne trop souvent à la doctrine, à la théorie, à l'abstraction devant lesquelles beaucoup d'intelligences se rebutent et se ferment. Il nous faut faire une place plus grande à l'observation, à l'expérimentation, à la représentation, à l'application. Je suis convaincu que de cette façon on intéressera davantage un plus grand nombre d'enfants et que l'échec scolaire s'en trouvera réduit. Cela vaut pour les sciences, comme pour les humanités ou pour les arts. Pour que le savoir devienne plus vivant, plus concret, il faut ouvrir davantage le monde de l'éducation sur les autres mondes, ceux de la culture, de l'art, de la recherche, de la technique et, bien sûr, sur le monde de l'entreprise qui sera celui dans lequel la plupart de nos enfants vivront un jour leur vie d'adulte.

Il faut que nos enfants rencontrent des écrivains, des artistes, des chercheurs, des artisans, des ingénieurs, des entrepreneurs qui leur feront partager leur amour de la beauté, de la vérité, de la découverte, de la création. Des liens doivent être tissés entre les institutions culturelles, les centres de recherche, le monde de l'édition, des entreprises et les écoles, les collèges, les lycées.

Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt, ils doivent aller dans les théâtres, les musées, les bibliothèques, les laboratoires, les ateliers. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C'est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d'histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, le plus de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder aussi bien le chef d'½uvre de l'artiste que celui de la nature. Pas plus qu'il ne faut hésiter à les mettre en contact avec les grandes ½uvres de l'esprit humain et avec ceux qui les maintiennent vivantes.

Nos enfants ne seront pas tous musiciens, poètes, scientifiques, ingénieurs ou artisans dans les métiers d'art. Mais à l'enfant qui ne sera jamais musicien, il ne faut pas renoncer à donner le goût de la musique. A l'enfant qui ne sera jamais poète, l'amour de la poésie. A l'enfant qui ne sera jamais chercheur, le goût de la rigueur scientifique et la passion de chercher. A l'enfant qui ne sera jamais artisan, l'amour du travail bien fait, du beau geste, de la technique accomplie.

Cela vaut pour tous les enfants, tous les adolescents, quelles que soient leurs origines, leur milieu social, qu'ils soient élèves dans l'enseignement général ou dans l'enseignement professionnel. Car c'est un autre des défauts de notre éducation traditionnelle que d'opposer ce qui est manuel à ce qui est intellectuel. Cloisonnement absurde qu'il faut briser pour que les filières professionnelles soient reconnues comme des filières d'excellence au même titre que les autres.

Il est une autre opposition encore qu'il nous faut dépasser : celle du corps et de l'esprit. L'éducation est un tout. Elle doit être théorique autant que pratique, intellectuelle autant que physique, artistique autant que sportive. La place faite au sport est encore insuffisante. L'enfant a besoin de se dépasser. Mais le sport est aussi une école du respect des autres, du respect de la règle, de la loyauté et du dépassement de soi. Je crois à la valeur éducative du sport. Non seulement le sport doit prendre plus d'importance à l'école, mais il faut aussi que le monde du sport et celui de l'éducation s'ouvrent davantage l'un sur l'autre, qu'entre les institutions sportives et les institutions éducatives aussi les liens soient resserrés, qu'entre les sportifs et les enseignants la coopération s'établisse pour le plus grand bien de nos enfants.

Comprenez-moi bien, il ne s'agit pas dans mon esprit d'alourdir encore les horaires d'enseignement qui sont déjà trop lourds. Il ne s'agit pas d'ajouter encore des enseignements nouveaux à une liste déjà trop longue. Dans mon esprit, il s'agit au contraire, de redonner à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d'assimiler ce qui leur est enseigné.

Ce qu'il nous faut retrouver, c'est la cohérence du projet éducatif. Elle passe naturellement par la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires qui est devenue nécessaire après des décennies où l'école s'est trouvée confrontée à une masse croissante d'exigences contradictoires et à des tensions et des attentes de plus en plus fortes au fur et à mesure que la cohésion sociale devenait plus fragile. Retrouver une cohérence à l'intérieur de chaque discipline, mais aussi entre les discipline et avec les attentes de la société, retrouver un fil directeur dans l'éducation, lui fixer des principes, des objectifs, des critères simples. Voilà ce que nous avons d'abord à faire. En même temps, il nous faut élever le niveau d'exigence, non pas en quantité mais en qualité.

Au lieu de mettre en place une sélection brutale à l'entrée de l'université qui serait une solution malthusienne, il nous faut élever progressivement le niveau d'exigence à l'école primaire, puis au collège et au lycée. Nul ne doit entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du collège. Nul ne doit entrer en seconde s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du lycée et le baccalauréat doit prouver la capacité à suivre un enseignement supérieur. Ce sera un long travail qui ira de la reconstruction de l'école primaire à celle du lycée. Mais il est vital pour l'avenir de notre jeunesse et donc de notre pays.

Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à tous. Voilà comment je souhaite que nous prenions désormais le problème de l'éducation et particulièrement celui de l'école.

Cette refondation de notre éducation, elle ne pourra être accomplie qu'avec le concours de tous les éducateurs. La volonté politique ne peut suffire à elle seule. C'est pourquoi je m'adresse à vous.

Quand je dis " tous les éducateurs ", je veux dire que le but ne sera pas atteint seulement avec l'aide des professeurs ou seulement avec l'aide des parents. Ce ne peut-être que l'½uvre commune de tous les éducateurs travaillant ensemble.

Il faut pour que nous réussissions que chacun d'entre vous se fasse un devoir de travailler avec les autres. Entre le père, la mère, le professeur, le juge, le policier, l'éducateur social, et tous ceux qui sont en contact avec l'enfant dans le milieu sportif, culturel, associatif, l'intérêt de l'enfant doit l'emporter sur toutes autres considérations. La confiance, la coopération, l'échange, l'esprit de responsabilité doit régner. Chacun doit passer par-dessus ses préventions ou ses a priori pour remplir son devoir qui est de préparer l'enfant à devenir adulte.

Parents, vous êtes les premiers des éducateurs. Je sais combien ce rôle est difficile quand le chômage menace, quand la famille se recompose, quand le père ou la mère se retrouve tout seul pour élever ses enfants. Je sais combien la vie peut être lourde. Je veux vous dire que vous serez soutenus, que vous serez aidés à chaque fois que vous en aurez besoin pour éduquer vos enfants dès le plus jeune âge et que pour moi la politique familiale fait entièrement partie du projet éducatif.

Je veux vous dire que le droit à la garde d'enfants et la maternelle seront pour moi, au cours des cinq années qui viennent, des priorités et que je suis décidé à faire en sorte que plus aucun enfant ne soit livré à lui-même une fois la classe terminée afin que vous puissiez achever votre journée de travail sans éprouver l'angoisse de savoir votre fils ou votre fille sans surveillance, sans encadrement. Désormais les devoirs seront faits à l'école, en études surveillées et pour les bons élèves issus des familles les plus modestes qui ne peuvent pas offrir à leurs enfants un cadre propice à l'étude, des internats d'excellence seront créés.

Vous serez aidés dans votre tâche. Mais vous avez des devoirs vis-à-vis de vos enfants. Vous devez donner l'exemple. Mais vous avez la responsabilité de faire en sorte que votre enfant aille à l'école, de lui inculquer le respect des lois et de la politesse, de contrôler que les devoirs sont faits. Si vous les laissez manquer la classe, si vous les abandonnez à eux-mêmes, alors il est normal que la société vous demande des comptes, que votre responsabilité soit mise en jeu, que les aides qui vous sont accordées puissent être placées sous tutelle.

Professeurs, enseignants, vous aussi vous avez droit au respect, à l'estime. Votre rôle est capital. Vous avez souvent fait de longues études. Vous devez faire preuve d'intelligence, de patience, de psychologie, de compétence. Je sais à quel point le merveilleux métier d'enseigner est exigeant, à quel point il vous oblige à donner beaucoup de vous-même, à quel point aussi il est devenu difficile et parfois ingrat depuis que la violence est entrée dans l'école. J'ai bien conscience que votre statut social, votre pouvoir d'achat, se sont dégradés au fur et à mesure que votre tâche devenait plus lourde, vos conditions de travail plus éprouvantes. La Nation vous doit une reconnaissance plus grande, de meilleurs perspectives de carrière, un meilleur niveau de vie, de meilleurs conditions de travail.

Jadis l'instituteur, le professeur avaient une place reconnue dans la société parce que la République était fière de son école et de ceux auxquels elle en avait confié la charge. L'instituteur, le professeur était fier de son métier, fier de servir la République et une certaine idée de l'Homme et du progrès. Nous devons renouer avec cette fierté. Dans l'école de demain vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l'égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir davantage.

Vous pourrez choisir la pédagogie qui vous semblera la mieux adaptée à vos élèves parce que je crois qu'il faut faire confiance aux enseignants, à leur capacité de jugement, parce qu'ils sont les mieux placés pour décider de ce qui est bon pour leurs élèves. Les établissements dans lesquels vous enseignerez auront une plus grande autonomie dans le choix de leur projet, de leur organisation. L'évaluation sera partout la règle et les moyens seront répartis en fonction des résultats et des difficultés que rencontrent les élèves.

La reconversion de ceux d'entre vous qui après avoir longtemps enseigné éprouveront le besoin de changer de métier et faire valoir autrement leurs compétences, leur savoir, sera facilitée que ce soit à l'intérieur du secteur public ou à l'extérieur. A l'inverse, ceux qui après avoir acquis ailleurs une expérience souhaitent se tourner vers l'enseignement seront mieux accueillis qu'aujourd'hui. Dans l'éducation nationale, comme dans toute la fonction publique, le carcan des statuts doit s'ouvrir pour permettre que circulent les hommes, les idées, les compétences.

Je souhaite faire de la revalorisation du métier d'enseignant l'une des priorités de mon quinquennat parce qu'elle est le corollaire de la rénovation de l'école et de la refondation de notre éducation. Mais vous devez, vous le professeur, l'enseignant, comme les parents, vous montrer exemplaire. Exemplaire par votre comportement, par votre tenue, par votre rigueur, par votre esprit de justice, par votre implication. Exemplaire aussi par votre capacité à faire prévaloir l'autorité du maître, par votre souci de récompenser le mérite et de sanctionner la faute.

Dans l'école que j'appelle de mes v½ux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours, où les moyens seront mieux employés parce que l'autonomie permettra de les gérer davantage selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins nombreux. Mais ce sera la conséquence de la réforme de l'école et non le but de celle-ci. Et, je m'y engage, les moyens qui seront ainsi dégagés seront réinvestis dans l'éducation et dans la revalorisation des carrières. Il s'agit d'être plus efficace, non de rationner. Et il s'agit d'être efficace non seulement pour atteindre un objectif économique, non seulement pour que demain notre économie dispose d'une main d'½uvre bien formée, mais aussi, et peut être surtout, pour que nos enfants soient porteurs de valeurs de civilisation, pour qu'une certaine idée de la civilisation continue de vivre en eux

Chacun d'entre vous, je le sais, mesure l'importance du défi que nous avons à relever. Chacun d'entre vous comprend que la révolution du savoir qui s'accomplit sous nos yeux ne nous laisse plus le temps pour repenser le sens même du mot éducation. Chacun d'entre vous est conscient que face à la dureté des rapports sociaux, à l'angoisse devant un avenir de plus en plus vécu comme une menace, le monde a besoin d'une nouvelle Renaissance, qui n'adviendra que grâce à l'éducation. A nous de reprendre le fil qui court depuis l'humanisme de la Renaissance jusqu'à l'école de Jules Ferry, en passant par le projet des Lumières.

Le temps de la refondation est venu. C'est à cette refondation que je vous invite. Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé.

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# Posté le vendredi 07 septembre 2007 04:53

Session parlementaire : promesses tenues...............bis

Session parlementaire : promesses tenues...............bis
Decidement !
Ce petit socialo m'agace maintenant c'est nous qui sommes "Facho" !
Une insulte restant ce qu'elle est !a savoir un moyen rapide lâche et peu courageux de combattre sur le terrain des idées je ne repondrai donc pas !
Mais je solicite vos commentaire sur les suites a donner !
Doit on demander la radiation d'un blog ordurier ou l'ignorer?
A vos commantaires !
BB
# Posté le jeudi 06 septembre 2007 06:28
Modifié le jeudi 06 septembre 2007 10:41

In Memoriam.........bis

In Memoriam.........bis
Deux commentaires que je n'ai pas modéré sur le décés de Monseigneur Lustiger .

Un commercial !

Mais surtout un , d'un blog socialo qui a le prétention de traiter monseigneur Lustiger d'intégriste !

Reste a savoir quil'est le plus quand on connait un peu le parcours exemplaire de cet homme !
Alors chercher a critiquer de tel propos ne serait que leurs donner de l'importance !Vas donc relire sa biographie ignorant !
Je me permet de vous donner son adresse de blog afin de voir qui est le plus "extreme" dans ces propos ! : http://viv-la-goche.skyrock.com.................
Je t' adresse donc monsieur le socialo ci dessous un petit résumé de sa vie :

Biographie

Jeunesse et conversion
Aron Lustiger est né le 17 septembre 1926 dans le 12e arrondissement de Paris . Ses parents, originaires d'une famille juive ashkénaze venant de Pologne (à Bedzin en Haute-Silésie où son père était boulanger), tiennent un commerce de bonneterie . Il fait ses études au lycée Montaigne à Paris . Vers 10 ou 12 ans il découvre une Bible protestante. Le Nouveau Testament s'impose à lui comme étant l'aboutissement de l'Ancien Testament. Il découvre l'antisémitisme, dont il est victime. « À la porte du lycée Montaigne, je me suis fait casser la figure parce que juif. Quand je m'approchais des garçons qui discutaient entre eux, ils me disaient : "Ça ne te regarde pas, tu es un sale juif."» Il en fait aussi l'expérience à travers la littérature et à l'occasion d'un voyage en Allemagne nazie en 1937, dans une famille protestante, où il découvre, en même temps que le nazisme, les premiers adultes chrétiens anti-nazis .

La guerre pousse ses parents à se réfugier à Orléans. Durant la Semaine sainte 1940, dans la cathédrale d'Orléans, il ressent le désir de se convertir au catholicisme. Toute sa vie, il expliquera que son christianisme n'a jamais signifié un renoncement à son identité juive. Le 25 août 1940, à l'âge de 14 ans, il reçoit le baptême à Orléans. Aron devient chrétien ; il ajoute alors au prénom reçu de ses parents ceux de Jean et de Marie, qui sont aussi des prénoms d'origine hébraïque . Il expliquera plus tard qu'il n'a jamais renoncé au prénom d'Aron et que le grand prêtre qui porte ce nom dans la Bible est aussi vénéré comme saint par l'Église catholique . Cette période coïncide avec l'obligation faite aux citoyens juifs d'arborer l'étoile jaune. Sa mère est arrêtée en 1942 sur dénonciation de son employeur, internée à Drancy puis déportée vers le camp d'Auschwitz, où elle meurt en 1943 . Son père, n'acceptant toujours pas la conversion de son fils, essaie en vain, au lendemain de la guerre, de faire annuler son baptême .

Après avoir terminé ses études secondaires au lycée Pothier d'Orléans, il s'inscrit à l'université de la Sorbonne afin de suivre des études de lettres .


Carrière ecclésiastique
Sa vocation sacerdotale le conduit à entrer au séminaire des Carmes de l'Institut catholique de Paris en 1946. Il est ordonné prêtre le 17 avril 1954 à l'âge de 27 ans, dans l'église du séminaire des Carmes.

De 1954 à 1969, il est aumônier de la paroisse universitaire de Paris, connue sous le nom de Centre Richelieu , rassemblant des enseignants de l'école publique, aumônier des étudiants en lettres et sciences de la Sorbonne ainsi que des grandes écoles (École spéciale d'architecture, ENS de Fontenay-Saint-Cloud, École des Chartes). Son charisme attire nombre d'étudiants et professeurs. Puis Mai 68 embrase l'université. Il affirmera alors : « Il n'y a pas de place pour l'Evangile dans cette foire » .
En 1969, il est nommé curé de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal, dans le 16e arrondissement de Paris et a comme vicaire l'abbé André Vingt-Trois, son futur successeur à la tête de l'archevêché de Paris.

Le 10 novembre 1979, il est nommé évêque d'Orléans par le nouveau pape Jean-Paul II, et, le 8 décembre 1979 il est ordonné par le cardinal Marty, alors archevêque de Paris[7]. Il choisit comme devise épiscopale « Tout est possible à Dieu ». Il n'occupera que quinze mois le siège d'Orléans.

Il est nommé archevêque de Paris le 27 février 1981, succédant au cardinal Marty[7]. Deux ans plus tard, le 2 février 1983, il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II[7]. Tous deux ont de nombreux points communs - ils parlent le polonais aussi bien que le yiddish et le français, ils appartiennent à la même génération - mais surtout ils ont une analyse souvent très proche de la situation ecclésiale et mondiale.

Le cardinal Lustiger fut une figure très remarquée au niveau de l'Église universelle, même si ses chances de succéder à Jean-Paul II, qui émurent un temps des médias peu au fait des réalités ecclésiales, étaient très faibles, voire infimes lors du conclave de 2005, en raison de son âge et de son état de santé.


Le pasteur et l'homme
L'intuition fondamentale qui a guidé l'action et la vie de Mgr Lustiger fut que la foi dans le Christ était pour l'homme la seule chance d'être vraiment libre et d'avoir une raison d'espérer. Il s'est donc engagé sur tous les fronts pour la défense de la liberté intérieure et religieuse de l'homme, face à tous les totalitarismes, ceux des États, des idéologies, du cléricalisme, de la pensée unique, des médias.

Novateur et réformateur, il mit en place une série de réformes au sein du diocèse de Paris : formation des prêtres (création d'une année de formation spirituelle, dispersion des séminaristes dans de petits centres de formation au sein de Paris, de préférence à un grand séminaire unique), fondation d'une faculté de théologie indépendante au sein de l'École cathédrale de Paris, distincte de l'Institut catholique, en 1984. Il encouragea un renouveau des paroisses de Paris, la construction de sept nouvelles églises et la mission des communautés nouvelles au sein du diocèse (Communauté de l'Emmanuel, Communauté du Chemin neuf). À la demande du Saint-Siège, le cardinal Lustiger fut, jusqu'en juin 2006, l'évêque accompagnateur de la Communauté de l'Emmanuel sur le plan international[réf. nécessaire].

Jusqu'à la fin de son épiscopat, le cardinal Lustiger a pris des mesures, parfois très fermes, pour assurer la discipline de son clergé et la fidélité de l'enseignement dispensé dans le diocèse au magistère pontifical. Passionné et volontaire, parfois impatient, son tempérament un peu rugueux et son intelligence brillante supportaient mal la médiocrité.

Mgr Lustiger, en qualité d'archevêque de Paris, était membre de droit du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. Il ne fut toutefois jamais élu président de la conférence épiscopale. Cette situation traduisait la crainte qu'inspirait son caractère énergique, sinon autoritaire, aux autres évêques. Certaines de ses initiatives irritèrent souvent quelques évêques français. D'aucuns lui reprochaient une démarche individualiste ne respectant pas la collégialité épiscopale. Mgr Lustiger a effectivement, au cours de sa mission à Paris, institué un grand nombre de structures diocésaines qui entrèrent en concurrence avec les structures équivalentes existant au niveau interdiocésain ou national, comme la création d'un système de séminaires parisiens indépendant du séminaire interdiocésain d'Île-de-France à Issy-les-Moulineaux. Dans le même ordre d'idées, la radio du diocèse de Paris (Radio Notre-Dame) n'adhéra pas au réseau des Radios chrétiennes en France (RCF) mais constitua de son côté une autre communauté francophone de radios chrétiennes (la COFRAC). Le cas le plus critique, en termes d'enjeux financiers, restera la création de la chaîne de télévision KTO, fondée à la seule initiative du diocèse de Paris, et sans concertation avec le CFRT (qui produit l'émission religieuse Le Jour du Seigneur), avant que les difficultés financières de la chaîne n'obligent dans un premier temps à une ouverture vers les autres diocèses français, puis dans un second temps à une démarche auprès du CFRT pour solliciter une aide financière.

Cette liberté lui était permise par les moyens importants du diocèse de Paris. Elle s'était aussi imposée à lui comme un devoir de sa mission d'évêque, seul responsable de son diocèse . Sa lucidité et sa hauteur de vues lui avaient fait comprendre qu'il n'avait pas d'autre choix pour secouer la lourdeur des structures administratives et lutter contre la sclérose des idéologies qui étouffaient le catholicisme français. Ayant à c½ur de rendre à la liturgie sa dignité et sa beauté, il a soutenu la refonte de la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame et la création d'une école de formation professionnelle incluant l'animation des offices à la cathédrale, permettant ainsi un nouveau déploiement de la tradition de l'Église dans la cathédrale de Paris. Il commanda un nouveau mobilier liturgique pour le ch½ur de Notre-Dame et fit créer des vêtements liturgiques nouveaux avec le souci de la beauté et de la lisibilité des signes. Fréquemment, le dimanche soir, il prêchait et célébrait la messe dans sa cathédrale.

Ceux qui ont eu l'occasion de s'entretenir avec lui ont été frappés par la profondeur de sa pensée et par une simplicité qui faisait que son interlocuteur avait d'emblée l'impression d'être considéré comme un égal, respecté dans son altérité et avec qui il y avait des choses à faire. Une conversation interrompue depuis des mois pouvait reprendre comme si elle ne s'était jamais arrêtée.


Homme d'arts, de lettres et de communication
Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il s'attela également à lancer de nouveaux médias : Radio Notre-Dame juste après la légalisation des radios libres en 1981, la chaîne de télévision KTO en 1999, le bulletin hebdomadaire du diocèse de Paris : Paris Notre-Dame .

Ses prises de position sur le cinéma, l'art et le dépôt au Panthéon des cendres de l'abbé Grégoire, les commandes d'½uvres modernes qu'il passa pour Notre-Dame ou l'archevêché firent l'objet de débats non seulement dans la presse, mais aussi avec les autorités politiques .

Le cardinal Lustiger a été élu à l'Académie française, le 15 juin 1995, au fauteuil 4, succédant au cardinal Decourtray .


Rôle dans les relations judéo-catholiques
De par ses ascendances juives, Mgr Jean-Marie Lustiger a joué un rôle pionnier dans les relations entre la communauté juive et le Vatican. Conseiller de Jean-Paul II puis de Benoît XVI, il a exercé un rôle d'influence très important durant le pontificat de Jean-Paul II.

Il noue les contacts les plus délicats pour tenter de régler, en 1987, l'affaire des « carmélites polonaises » installées dans le camp d'Auschwitz, qui contribue à une tension forte entre juifs et catholiques. Les religieuses finiront par quitter le camp en 1994. De ce dénouement, le cardinal gagne la reconnaissance d'une partie du monde juif. Mgr Lustiger sera ainsi l'un des inspirateurs de la déclaration de « repentance » de l'épiscopat français en septembre 1997 à Drancy et l'un des principaux artisans du succès de la visite du pape à Jérusalem en l'an 2000 : visite à Yad Vashem et au mur des Lamentations qui fut un pèlerinage de la mémoire, ainsi que la reconnaissance de la dette chrétienne aux « frères aînés » juifs .

En janvier 2005, il représente le pape Jean-Paul II , lors des cérémonies du 60e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Puis, en mai 2006, il est présent à Birkenau aux côtés du pape Benoît XVI .

Après sa mort, le Congrès juif mondial a tenu à rendre hommage à son action positive en faveur des relations entre juifs et chrétiens.

Rôle politique
Pour le cardinal Lustiger, l'évêque doit faire en sorte d'être un interlocuteur crédible du monde politique, en tant que représentant des croyants de sa confession et de la force sociale qu'ils constituent. Sans avoir de fonction politique, il joue un rôle dans l'espace politique, et, dans cette optique, il discute avec les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac[15]. En 1984, il mène la contestation contre la volonté du président Mitterrand de supprimer l'indépendance de l'école privée catholique. Un million de défenseurs de l'école libre sont dans les rues, contribuant au retrait de la loi Savary. De même, Mgr Lustiger prendra des positions radicales sur la défense de l'embryon, contre l'euthanasie et le clonage.

Ses engagements au service des blessés de la vie, des immigrés, des chômeurs, marquent, sur les grandes questions de société, un dépassement courageux de la timidité de l'Église de France, encore emprisonnée dans une lecture étroite du principe de laïcité de l'État. Cela ne l'empêche pas de défendre la loi de séparation de l'Église et de l'État dès 1989, lors de la crise sur le voile. Avant la présidentielle de 1995, il écarte le père Alain de La Morandais, jugé trop balladurien[réf. nécessaire], du poste qu'il s'attribuait d'"aumônier" des politiques. En 2003, il critique la volonté de Nicolas Sarkozy de revenir sur la loi de 1905 et d'organiser l'Islam de France comme s'il s'agissait d'une religion d'État. Interrogé par la «commission Stasi» sur la laïcité, il demande de ne pas toucher au « compromis à la française » et se prononce contre une loi sur le port du voile à l'école.


Maladie et adieux
Lorsqu'il atteignit l'âge de 75 ans, selon le code de droit canon , Mgr Lustiger présenta sa renonciation à son office d'archevêque de Paris au pape Jean-Paul II. Ce dernier fut cependant particulièrement long à accepter cette démission, sans doute en raison de la difficulté à trouver le successeur d'une telle personnalité. C'est seulement en février 2005, alors que l'archevêque avait atteint l'âge de 78 ans, que la démission fut acceptée, et Mgr André Vingt-Trois nommé nouvel archevêque de Paris. Selon la coutume, le cardinal Lustiger portait depuis lors le titre d'archevêque émérite de Paris.

En octobre 2006, il annonça aux prêtres et diacres de Paris qu'il était atteint d'« une maladie grave dont le traitement a commencé ». Le 31 mai 2007, il fit une brève apparition à l'Académie française pour adresser ses adieux aux « Immortels ». « Vous ne me reverrez pas », leur déclara-t-il. Sa dernière apparition en public remontait au 26 janvier 2007, quand il avait concélébré la messe d'obsèques de l'abbé Pierre à Notre-Dame de Paris. Il est décédé à l'âge de 80 ans, le dimanche 5 août 2007 à 19 h 30, à la maison médicale Jeanne-Garnier (15e arrondissement de Paris), un établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du Calvaire, où il avait été admis le 23 avril afin de soigner le cancer dont il souffrait depuis plusieurs années.


Hommages et obsèques
L'annonce de son décès a suscité les hommages de nombreuses personnalités du monde politique et religieux, parmi lesquelles on note le pape Benoît XVI[19], le Congrès juif mondial, le président de la République française Nicolas Sarkozy[20], le Parti communiste français ou encore d'autres figures de gauche comme Bertrand Delanoë, Jean Glavany ou Jack Lang.

Ses obsèques furent célébrées le 10 août 2007 en la cathédrale Notre-Dame de Paris par l'archevêque Mgr André Vingt-Trois, en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le représentant du pape le cardinal Paul Poupard, le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, les ministres Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet et Roger Karoutchi, les présidents de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et du Sénat Christian Poncelet, le président de la région Île-de-France Jean-Paul Huchon, Mme Bernadette Chirac représentant l'ancien président Jacques Chirac, l'ancien président polonais Lech Walesa, plusieurs membres de l'Académie française (dont Mme Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle, et Maurice Druon, secrétaire honoraire), mais aussi 500 prêtres, 50 évêques, 16 cardinaux et plusieurs dignitaires des Églises catholiques d'Orient. La foule rassemblée fut estimée à environ 5000 personnes.

Dans son discours d'hommage, Maurice Druon a qualifié le cardinal Lustiger de "fils, non pas du hasard, mais de l'exception" et salué en lui "notre frère supérieur".

De ses obsèques, il disait par avance, avec le franc-parler dont il était capable dans l'intimité comme en public : Je m'en fous, ils feront ce qu'ils voudront. Il lui importait davantage d'obtenir du Ciel la permission - dans trente ans - de regarder sur la Terre comment les choses auront évolué.Cela ne l'a pas empêché de prévoir par la suite, quelque temps avant sa mort, certains aspects hautement symboliques pour ses funérailles. Lors de la levée du corps, avant l'entrée dans la cathédrale et la liturgie catholique, de la terre recueillie en Israël fut déposée sur son cercueil ; deux membres de sa famille, de confession israélite, récitèrent le Psaume 113 (112) en hébreu, et le Kaddish, prière juive des endeuillés. Ainsi s'exprimait son espoir de voir judaïsme et christianisme engagés "du même côté", comme il le disait, dans le combat pour l'homme, enraciné dans la même foi au Dieu unique et la même espérance dans les promesses du Messie.

Le cardinal Lustiger est inhumé dans la crypte de Notre-Dame de Paris, dans le caveau des archevêques de Paris.


Distinctions
Grand cordon de l'Ordre du Cèdre du Liban
Bailli Grand-croix d'honneur et de dévotion de l'Ordre de Malte
Grand-croix de l'Ordre de l'Infant Henri le Navigateur
Docteur honoris causa des universités de Melbourne, Augsbourg et Loyola de Chicago

¼uvres
1978 Sermons d'un curé de Paris (Fayard)
1981 Pain de vie et peuple de Dieu (Critérion)
1985 Osez croire (Le Centurion)
1985 Osez vivre (Le Centurion)
1986 Premiers pas dans la prière (Nouvelle Cité)
1986 Prenez place au c½ur de l'Église (Office chrétien des handicapés)
1987 Six sermons aux élus de la Nation, 1981-1986 (Le Cerf)
1987 Le Choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton (Le Fallois)
1988 La Messe (Bayard)
1990 Dieu merci, les droits de l'homme (Critérion)
1990 Le Sacrement de l'onction des malades (Le Cerf)
1990 Le Saint-Ayoul de Jeanclos (en collaboration avec Alain Peyrefitte) (Fayard)
1991 Nous avons rendez-vous avec l'Europe (Mame)
1991 Dare to rejoice (Compilation américaine) (Our Sunday visitor)
1992 Petites paroles de nuit de Noël (Le Fallois)
1995 Devenez dignes de la condition humaine (Flammarion)
1997 Le Baptême de votre enfant (Fleurus)
1997 Soyez heureux (Éd. Nil)
1999 Pour l'Europe, un nouvel art de vivre (PUF)
2000 Les prêtres que Dieu donne (Desclée de Brouwer)
2001 Comme Dieu vous aime. Un pèlerinage à Jérusalem, Rome et Lourdes (Parole et silence)
2002 La Promesse (Parole et Silence)
2004 Comment Dieu ouvre la porte de la foi (Desclée de Brouwer)
2005 Contempler l'Apocalypse (Parole et Silence)
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Lustiger
# Posté le jeudi 06 septembre 2007 06:21
Modifié le jeudi 06 septembre 2007 07:04

Session parlementaire : promesses tenues

Session parlementaire : promesses tenues
CommuniquésSession parlementaire : promesses tenues


L'Union pour un Mouvement Populaire se félicite du travail accompli lors de la session extraordinaire du Parlement qui prend fin aujourd'hui. En un mois, les parlementaires ont engagé l'indispensable reforme de notre pays grâce à quatre textes majeurs :

- L'autonomie des universités afin qu'elles deviennent un lieu d'excellence. L'Etat injectera 5 milliards d'euros supplémentaires sur cinq ans pour moderniser l'université et l'adapter aux attentes du monde du travail.

- Le paquet fiscal afin de valoriser l'effort. Le travail sera désormais l'outil de l'amélioration du pouvoir d'achat et l'instrument de la lutte contre le chômage.

- Le service minimum afin de mettre fin à l'archaïsme qui a opposé trop longtemps le droit de grève et la continuité du service dû au public.

- La lutte contre la récidive afin de combattre le sentiment d'impunité.

Conformément aux déclarations de Nicolas SARKOZY lors de la campagne, « tout ce qui a été dit avant sera fait après ». Au cours du quinquennat, l'UMP et ses parlementaires seront les acteurs enthousiastes de la modernisation de la société.



Communiqué du vendredi 3 août 2007
# Posté le lundi 13 août 2007 17:59

In memoriam

In memoriam
PARIS (AFP) - Le cardinal Jean-Marie Lustiger, juif polonais converti au christianisme, archevêque de Paris de 1981 à 2005, est mort dimanche à Paris, à l'âge de 80 ans, des suites d'une grave maladie.

Il est décédé à la Maison Médicale Jeanne-Garnier (XVème arrondissement), un établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du Calvaire où il avait été admis le 23 avril.

Le président de la République Nicolas Sarkozy a fait part de sa "tristesse" de voir partir "une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays".

Les ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la Culture Christine Albanel ont chacune salué l'homme de "dialogue", tandis que le Premier ministre François Fillon soulignait que Mgr Lustiger a "contribué de manière déterminante au rayonnement de l'Eglise catholique, qu'il voulait ouverte au monde et aux hommes, et toujours en prise avec son temps".

Pour François Bayrou, président du Modem, croyant résolu, il était "l'une des plus hautes figures de l'humanisme français".

Le président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier, a de son côté souligné le "rôle historique considérable" joué par le cardinal "dans l'amélioration des relations entre juifs et catholiques".

Sa mort, annoncée de source gouvernementale et confirmée par l'archevêché, a été révélée dimanche soir aux fidèles de Saint-Germain-des-Prés à l'issue de la messe dominicale, a rapporté un témoin à l'AFP.

Ses obsèques seront célébrées vendredi à 10H00 à la cathédrale Notre-Dame de Paris et une chapelle ardente sera organisée la veille, de 9h00 à 22h00, dans la cathédrale pour permettre "aux Parisiens et à ceux qui le voudront de prier près du cardinal ou de le saluer une dernière fois", selon l'archevêché.

En octobre 2006, Mgr Lustiger avait annoncé aux prêtres et diacres de Paris qu'il était atteint d'"une maladie grave dont le traitement a commencé". Le 31 mai 2007, il avait fait une brève apparition à l'Académie française pour adresser ses adieux aux "Immortels". "Vous ne me reverrez pas", leur avait-il lancé.

Sa dernière apparition en public remontait au 26 janvier 2007, quand il avait concélébré la messe d'obsèques de l'Abbé Pierre à Notre-Dame.

"Les dernières semaines ont été plus particulièrement douloureuses et pénibles" pour le cardinal, écrit dans un communiqué l'actuel archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois, qui succéda à Mgr Lustiger en 2005.

Juif polonais converti au christianisme dont la mère était morte à Auschwitz, Mgr Lustiger a été profondément marqué par le singulier parcours qui l'a porté à la tête de l'archevêché de Paris.

"Pas un instant je n'oublie l'histoire que je représente", revendiquait-il en juin 1995 lors de sa nomination à l'Académie Française en remplacement du Primat des Gaules, le cardinal Albert Decourtray, autre artisan du dialogue judéo-chrétien.

Né en 1926 à Paris dans une famille de bonnetiers consciente de ses racines mais peu religieuse, Aaron, devenu Jean-Marie, est ordonné prêtre le 17 avril 1954.

Médiatique bien que timide, cet homme d'Eglise se sentait investi d'une mission universelle dans l'Eglise depuis sa conversion à 14 ans.

Aumônier des étudiants de la Sorbonne et des grandes écoles, puis curé de la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal à Paris (XVIe), il est nommé évêque d'Orléans en 1979, puis archevêque de Paris en 1981, et cardinal en 1983.

Auteur de nombreux ouvrages sur la foi, il s'inquiétait des dérives de la modernité tout en étant un homme d'ouverture.

Proche de la société civile, à l'aise dans tous les milieux sociaux, intellectuel charmeur, "Juif égaré" pour les uns, "drôle de paroissien" pour les autres, personnalité atypique, brillante, parfois rugueuse, Mgr Lustiger ne laissait pas indifférent, provoquant, jusqu'au sein de l'Eglise, admirations ou rancoeurs.

# Posté le dimanche 05 août 2007 20:00